La Signification d'Iqamat Al Hudjah (partie 1/2)

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La Signification d'Iqamat Al Hudjah (partie 1/2)

Rissalat du Cheikh Abd Allah Ibn Abdel Rahman Aba Baatin.

Au Nom d'Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.

Le Cheikh Taqi Dîn (Ibn Taymiyyah) , dans sa réfutation à Ibn Al Bakri, a dit :

"Et c'est pourquoi les gens de la science et de la sunna ne rendaient pas mécréant ceux qui divergeaient d'eux, même si ces opposants jetaient sur eux la mécréance, parce que le kufr est un verdict juridique (hukm shar'ih), et il n'appartient pas à l'homme de sanctionner comme il l'a été lui-même, comme celui qui ment sur ton compte et qui commet l'adultère avec ta femme, il ne t'appartient pas de mentir sur lui et de commettre l'adultère avec sa femme, ceci car l'adultère et le mensonge sont illicites dans le droit d'Allah , et il en va de même pour le takfir (fait de lancer l'anathème) qui est un droit d'Allah , donc ne jette pas la mécréance sauf sur celui qui a été rendu mécréant par Allah et Son Messager. Aussi, le takfir d'une personne précise et la permission de le tuer est conditionnée par le fait de lui faire parvenir la preuve prophétique (Hujjat Nabawiyah) qui rend mécréant celui qui la contredit. Autrement, ce n'est pas parce qu'une personne a fait preuve d'ignorance envers une chose de la religion qu'elle devient automatiquement mécréante"

Jusqu'à:

"Et pour ce motif je disais aux Jahmiyah parmi les panthéistes et négateur qui rejettent le fait que Le Très-Haut se trouve au dessus du trône que: moi, si j'avais étais d'accord avec vous, je serais mécréant, parce que je sais que votre parole est du kufr, mais, en ce qui vous concerne, je ne jette pas sur vous l'anathème car vous êtes des ignorants "... etc

Notre éclaircissement : que signifie le fait de mettre en évidence la preuve (Qiyaam Al Hujjat), que Allah vous rétribue par Ses faveurs et Sa générosité ?

La réponse :

Louange à Allah, Seigneur des mondes,

La parole (ci-dessus) du cheikh renferme deux sujets :

Le premier

Que nous ne jetons pas l'anathème sur celui qui nous a déclaré mécréant, et sa parole (à Cheikh Al Islam ) démontre clairement qu'il est égal qu'il fût victime d'une mauvaise interprétation ou non. D'autant plus qu'une partie des savants a bien éclaircie que s'il a dit cela par mauvaise interprétation on ne le qualifie pas de mécréant.

Ibn Hajjar Al Hithami a cependant rapporté qu'une partie des Shafi'ites a vigoureusement exposé sa mécréance s'il n'était pas victime d'une mauvaise interprétation et il a rapporté que Matouli a dit : « Si on dit à un musulman "O Mécréant !" sans mauvaise interprétation on a mécru », et il dit que l'ont suivi dans cet avis tout un groupe et qu'ils ont donné comme argument la parole du Prophète : « Si un homme dit à son frère "O Mécréant !", cela retourne sur l'un des deux » et (donc que) si celui qui envois (cette accusation) est musulman il devient mécréant. Ils ont dit : « ceci, car il a appelé l'islam mécréance » et d'entre eux ont persisté dans cette affirmation. Il (Ibn Hajjar Al Hithami) dit : « cette interprétation ne se comprend pas par son énonciation ni ce qu'elle signifie».

En fait ce qu'elle signifie et son vouloir dire : "que tu n'est pas sur la religion de l'Islam authentique, plutôt que tu es mécréant, ta religion est autre que l'Islam et moi je suis sur la religion de l'Islam. Et c'est là son vouloir dire sans aucun doute parce qu'il a bien qualifié de mécréance individuelle, dénuée de la religion de l'islam, et il a donc nié son appartenance à la religion de l'islam."

Il ne devient donc pas mécréant par cette parole, mais il est blâmé par cette horrible insulte comme il convient de le faire. Et il découle de ce qu'ils disent que celui qui dit à un adorateur: "O pervers !" qu'il a mécru parce qu'il a appelé l'adoration perversion. Et je ne connais personne qui dise cela. En fait, il veut dire que tu commets des dépravations et que tu fais avec ton adoration ce qui est perversion et non que ton adoration est perversion. (Fin de citation)

Et il apparaît dans Sharh Muslim que les propos d'An Nawawi coïncident avec cela. Il dit, après avoir cité le hadith:

« Et ceci est parmi ce que les savants ont compté comme problème. Et le Mazhab des gens de la vérité est que le musulman ne devient pas mécréant par les péchés tels que le fait de tuer ou de commettre l'adultère, et de même pour celui qui dit à son frère "O mécréant" sans croire que la religion de l'Islam est fausse.

Aussi, il y a plusieurs points de vue sur l'interprétation des récits :

- Premièrement: que cela est conditionné par le fait de rendre licite, et que "celle-là retourne" (Ba'a Biha) signifie "la parole de mécréance" de même que "renvoyer sur lui" (Harat Aleyhi) dans une autre version ou "revient sur lui" (Rajaat Aleyhi) la parole de kufr (et non la mécréance elle-même). Donc "retourner", "renvoyer" et "revenir" ont le même sens.

- Deuxièmement: que revient sur lui sa calomnie envers son frère et le péché d'avoir jeter l'anathème.

- Troisièmement: que cela est attribué aux Khawarijs qui rendent mécréant les croyants, et c'est ce que rapporte le Qadi 'Iyad d'après Malek et ceci est faible (da'if) parce que l'école juste approuvée, celle de la majorité et des examinateurs, proclame que les Khawarij ne rendent pas mécréant les fautes des gens de l'innovation.

- Quatrièmement: que son vouloir dire est qu'il renvoi au kufr car les péchés sont, comme ils ont dit, les messagers de la mécréance et on craint qu'avec leur augmentation on aboutisse à une voie de malheur vers la mécréance. Et le renforce le rapport de Abi 'Ouwana dans son analyse du recueil de Muslim: "car si c'était comme il a dit alors lui serait revenue la mécréance".

- Cinquièmement: "Que lui est bien renvoyé sa mécréance": ce qui est renvoyé n'est pas la réalité de la mécréance mais le qualificatif de mécréant, le fait d'avoir fait de son frère croyant un mécréant. Comme s'il s'était lui-même rendu mécréant. Soit parce qu'il a rendu mécréant celui qui est comme lui, soit parce qu'il a rendu mécréant celui que ne rend mécréant qu'un infidèle croyant en la fausseté de l'Islam. » (Fin de citation).

Ibn Daqiq Al Iyaad a dit à propos de sa parole ( ) "Et celui qui appel un homme par mécréant et qu'il n'en est pas ainsi, alors cela lui est retourné" ou "lui reviens": « et ceci est une grande menace de châtiment à celui qui a qualifié de mécréant un musulman, alors que ce dernier n'est pas ainsi, et c'est une situation fort critique dans laquelle sont tombé des gens parmi les savants qui ont divergé sur les fondements et se sont mutuellement qualifiés de mécréants.»

Ensuite il a rapporté que le professeur Abu Ishaq Al Asfarayni aurait dit: "Je ne rends mécréant que celui qui me traite de mécréant". Il a dit que peut être que cette parole est restée inconnue de certaines gens et que peut être qu'ils l'ont attribué à un autre que le réel auteur.

Et celui à qui on doit l'attribué fait allusion au hadith qui statut que "celui qui appel un homme par mécréant et qu'il n'en est pas ainsi, alors cela lui est retourné", et de même sa parole : "Lorsque quelqu'un dit à son frère "O mécréant !", cela retourne sur l'un des deux".

Et ce narrateur, ou Abu Ishaq, disait: "le hadith est une indication que la mécréance atteint une des deux personnes, soit celui qui qualifie [l'autre] de mécréant, soit celui qui a été qualifié de mécréant, donc si une personne me rend mécréant la mécréance touche un de nous, or moi j'affirme ne pas être mécréant, donc la mécréance revient sur lui. (Fin de citation).

Et Il apparaît de la parole de Abu Ishaq qu'il n'y a pas de différence entre celui qui est sous mauvaise interprétation et celui qui ne l'est pas et Allah est Le Plus Savant.

Notons aussi que ce que le Qadi a rapporté d'après Malek concernant le fait que le hadith est attribué aux khawarij est conforme avec l'un des deux récits d'Ahmad (Ibn Hanbal) sur le Takfir des Khawarij. L'ont adopté une partie des compagnons et d'autres parce qu'ils (les khawarijs) ont rendu mécréant beaucoup de Sahabas et ils ont rendu licite leur sang et leurs biens, et ils se rapprochaient par cela d'Allah . Ils ne leur ont donc pas donné pas l'excuse de la mauvaise interprétation, mais la majorité des jurisconsultes (fouqaha) étaient sur l'empêchement de leur mécréance à cause de leur ta'wil. Ils ont dit que celui qui rend licite le meurtre des "Ma'soumines" (sous entendu des compagnons) et a pris leurs biens sans ambiguïté ni ta'wil a mécru. Mais si le fait de rendre licite cela est le fruit d'un ta'wil, comme pour les khawarijs, on ne le rend pas mécréant, et Allah est Le Plus Savant et le Plus apte à juger.

Le second

"le takfir d'une personne précise et la permission de le tuer est conditionnée par le fait de lui faire parvenir la preuve prophétique qui rend mécréant celui qui la contredit…etc"

Et sa parole concerne aussi celui à qui l'appel (de l'islam) n'est pas parvenue et il (Shaykh Al Islam) a éclairci ceci dans un autre sujet. Et 'Aqil a raconté que d'après les compagnons il n'est pas châtié. Et il dit qu'Allah est indulgent envers celui qui agissait parce qu'il n'a pas reçut la da'wah et que ses actions penchées vers le bien, et a utilisé comme preuve ce qui se trouve dans le Sahih Mouslim remontant au Prophète : "Par celui qui détient mon âme entre ses mains: n'entend parler de moi une personne juive ou chrétienne et ne meurt sans avoir cru à ce avec quoi j'ai été envoyé sans qu'il ne soit des gens de l'enfer". Il est dit dans le Sharh Muslim: "Spécialement les juifs et les chrétiens, car ils ont deux livres". Il est dit: "Et on comprend que celui qui n'a pas reçu l'appel de l'Islam est pardonné". Il ('Aqil ) dit: et ceci a influencé sur ce qui a été fixé dans les bases : "Pas de jugement avant l'arrivé de la loi divine sur une chose" (Fin de Citation)

Et le Qadi Abul Ya'ala a dit à propos de la parole du Très-Haut : Et nous n'avons jamais puni (un peuple) avant de (lui) avoir envoyé un Messager [Sourate Al Isrâ' 17:15]. Dans cela, il y a une preuve que la connaissance d'Allah n'est pas rendu obligatoire par la raison, plutôt elle est rendue obligatoire par la loi divine, et Il ( ) a envoyé les messagers (pour la transmettre) et si l'homme meurt avant cela (l'envoi de messagers) il n'est pas jeté en enfer. (Fin de citation)

Et pour celui à qui n'a pas été transmis l'appel (de l'islam), une autre parole défendant qu'il est châtié a été adoptée par Ibn Hamed en s'appuyant sur la parole d'Allah: Est-ce que l'homme pense qu'on le laissera en pure perte [Sourate Al Qiyamah 75:36] et Allah est le Plus Savant.

Et celui à qui on a fait parvenir le message de Muhammad et à qui on a fait parvenir le Coran, a reçu la preuve et n'est donc pas excusé par son déficit de la foi en Allah et Ses anges et Ses livres et Ses messagers et le Jour dernier. Donc pas d'excuse de l'ignorance pour lui après cela. Allah nous informe de l'ignorance de nombre de mécréants et Il nous expose clairement leur kufr et Il attribut aux chrétiens l'ignorance bien qu'aucun musulman ne doute de leur mécréance. Et nous affirmons que la majorité des juifs et chrétiens d'aujourd'hui sont des suiveurs ignorants, et nous croyons en leur mécréance et en la mécréance de ceux qui doute de leur mécréance.

Et le Coran démontre que le doute dans les bases de la religion (oussoul al dîn) est du kufr, et le doute est l'hésitation entre deux choses, comme celui qui n'affirme pas la véracité du Messager ni ne la dément, ni n'affirme l'approche du jour du jugement ni ne la renie, et dans le même style celui qui ne croit pas en l'obligation de la prière sans pour autant renier son caractère obligatoire, ou qui ne croit pas en l'interdiction de l'adultère ou n'a pas renié son caractère interdit, et tout ceci est de la mécréance selon le consensus des savants, et il n'y a pas d'excuse pour celui qui est dans cet état, même si par nature il ne comprend pas les preuves d'Allah et Ses Signes parce qu'il n'y a pas d'excuse pour lui après qu'elles ne lui aient été transmises même s'il ne les comprend pas.

Allah nous informe à propos des mécréants qu'ils ne comprennent pas. Il ( ) dit: Nous avons entourés de voiles leurs cœurs, ce qui les empêche de comprendre (le Coran), et dans leurs oreilles se trouve une lourdeur [Sourate Al An'âm 6:25] et Il dit: Ils ont pris les diables comme alliés au lieu d'Allah et ils pensent être bien guidés! [Sourate Al A'râf 7:30]

Il ( ) a donc indiqué qu'ils ne comprennent pas et Il ne les excuse pas pour leur nature à ne pas comprendre, mais au contraire le Coran démontre bien le kufr de ce type de mécréant tel que dans la Parole du Très-Haut : Dis: "voulez- vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres? Ceux dont l'effort, dans la vie présente, s'est égaré, alors qu'ils s'imaginent faire le bien. Ceux-là qui ont nié les signes de leur Seigneur, ainsi que Sa rencontre. Leurs actions sont donc vaines". Nous ne leur assignerons pas de poids au Jour de la Résurrection [Sourate Al Kahf 18:103]

Le Shaykh Abou Mouhammad Mouwafaq Al Dîn Ibnou Qoudâma :rah, après avoir achevé sa réponse à la question: "Est-ce que tous les Moujtahed ont raison ou non ?" et après avoir fait prévaloir que les Moujtahidine (sous-entendu les quatre grands Imams) n'ont pas tous raison et que la vérité est dans un seul des avis de ces savants de l'Ijtihad, a dit: "Al Jahez a cru qu'il faisait partie des divergences de la religion de l'islam que s'il examine et a des faiblesses dans l'acquisition de la vérité alors il est excusé et exempté de châtiment..."

Jusqu'à :

"…Et en ce qui concerne ce qu'a soutenu Al Jahez, c'est une croyance Baatil et une mécréance en Allah , et un rejet de Lui et Son Prophète. Nous savons de manière certaine que le Prophète a ordonné aux juifs et aux chrétiens d'adhérer à l'Islam, il les a dépassés dans leur obstination et les a tous combattus, tuant leur adulte. Et nous savons que les connaisseurs obstinés étaient peu nombreux, en fait la majorité étaient des suiveurs s'accrochant à la religion de leur ancêtre aveuglément, et ils ne connaissaient pas les miracles du Prophète et sa véracité.

Et les versets qui le prouvent dans le Coran sont nombreux, tel que la Parole d'Allah : C'est ce que pensent ceux qui ont mécru. Malheur à ceux qui on mécru pour le feu (qui les attends) [Sourate Sâd 38:27] et Et c'est cette pensée que vous avez eue de votre Seigneur, qui vous a ruinés, de sorte que vous êtes devenus du nombre des perdants [Sourate Foussilat 41:23] et ils ne font que des conjectures [Sourate Al Baqarah 2:78] et Sa Parole ils pensent s'appuyer sur quelque chose de solide [Sourate Al-Moujadâla 58:18] et ils pensent qu'ils sont bien guidées! [Sourate Al A'raf 7:30] et Ceux dont l'effort, dans la vie présente, s'est égaré, alors qu'ils s'imaginent faire le bien [Sourate Al Kahf 18:104] et Ceux-là qui ont nié les signes de leur Seigneur, ainsi que Sa rencontre. Leurs actions sont donc vaines". Nous ne leur assignerons pas de poids au Jour de la résurrection [Sourate Al Kahf 18:105]. Et les expressions relatives aux négateurs du Messager d'Allah sont indénombrable dans le Coran et la Sunnah. (Fin de citation)

Il ( ) a donc éclaircit que si nous n'excommunions que les connaisseurs têtus, nous aurions considéré de l'islam la majorité des juifs et chrétiens. Et ceci est des plus évidemment faux.

Donc en ce qui concerne la parole du Shaykh Taqi Dîn (Ibn Taymiyyah): "Aussi, le takfir d'une personne précise et la permission de le tuer est conditionnée par le fait de lui faire parvenir la preuve (Hujjat)".

Sa parole prouve que ces deux commandements, c'est-à-dire le Takfir et le Qatl, ne sont pas conditionnés par la compréhension de la preuve dans l'absolu, mais sa transmission. Sa compréhension est donc une chose et sa transmission une autre. Si ces deux verdicts étaient conditionnés par le fait de faire comprendre la preuve, nous ne rendrions mécréant et nous ne tuerions que celui dont nous saurions qu'il est particulièrement obstiné, et nous avons relevé la fausseté de cela.

Au contraire, la fin de sa parole prouve que l'on tient compte de la compréhension de la preuve [uniquement] dans des sujets qui sont méconnus de la plupart des gens et qui ne contiennent pas de chose contredisant le Tawhid et le Message [de l'Islam], tel que l'ignorance de certains attributs [divins].

 

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