La Signification d'Iqamat Al Hudjah (partie 2/2)

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La Signification d'Iqamat Al Hudjah (partie 2/2)

Rissalat du Cheikh Abd Allah Ibn Abdel Rahman Aba Baatin.

 

 

 

 

Quant aux choses qui contredisent le Tawhid et la Foi en le Message [Divin], il (Le Shaykh Ibn Taymiyyah ) a bien éclairci dans beaucoup de sujets la mécréance de ses adeptes et le fait de les tuer après leur avoir demandé de se repentir. Et il ne les excusa pas par [le prétexte de] l'ignorance, même si nous savons avec certitudes que la cause de leur chute vers un tel état n'est autre que l'ignorance dans toute son évidence et s'ils savaient que c'était de la mécréance qui fait sortir de l'islam ils ne l'auraient pas fait. Et ceci se retrouve dans beaucoup de paroles du Shaykh , tel que celle qu'on retrouve dans certains de ses ouvrages où il dit:

"Tous ceux qui exagèrent envers un prophète ou un homme pieux et lui vouent des actes adorations comme le fait de l'invoquer en dehors d'Allah en disant une chose semblable à : "O un tel! aide-moi" ou "pardonne-moi" ou "fait moi grâce" ou "secours-moi" ou "raffermis-moi"ou "j'ai placé ma confiance en toi et je t'estime, tu es mon juge" ou des paroles allant dans le même sens, [des paroles] spécifiquement du domaine divin (Rouboubiyah) que rien ne parfait si ce n'est Allah, et bien tout ceci est du shirk et de l'égarement pour lequel on demande à celui qui le fait de se repentir sans quoi on le tue."

Il dit également : "Celui qui met entre lui et Allah des intermédiaires qu'il invoque et envers lesquels il place sa confiance et qu'il consulte est à l'unanimité mécréant".

Et il dit: "Celui qui croit que la visite des gens du livre dans leurs églises rapproche d'Allah est un apostat. Et s'il ignore que c'est interdit puis l'apprend et persiste, il devient apostat.

Et il dit: "Celui qui insulte les compagnons ou l'un d'entre eux et ajoute à cela que Ali est une divinité ou un prophète ou que Jibril s'est trompé, il n'y a de doute sur sa mécréance, pire, il n'y a de doute sur la mécréance de celui qui s'abstient de le traiter de mécréant".

Il dit aussi: "En ce qui concerne celui qui prétend que les compagnons sont devenus apostats après la mort du Messager d'Allah, sauf un petit groupe ne dépassant pas une dizaine, ou qu'ils ont dévié, et bien il n'y a pas de doute sur le kufr de celui qui dit une chose pareille. Quant à celui qui doute de sa mécréance il est lui-même mécréant". (Fin de citation)

Vois comment il ( ) a rendu mécréant le sceptique, or le sceptique est ignorant. Il n'a donc pas pris l'ignorance pour excuse dans pareil cas.

Et il ( ) a dit au court d'une de ses déclarations:

"Et pour cela, ils ont dit que celui qui désobéit par orgueil comme l'a fait Iblis (qu'il soit maudit) a mécru à l'unanimité et que celui qui désobéit par ambiguïté n'a pas mécru selon Ahl Es Sunnah. Quant à celui qui a rendu les choses illicites licites, il est mécréant à l'unanimité."

Il ajouta: "Et l'Istihlal est le fait de croire en la licéité de la chose. Ceci émane parfois d'une conviction qu'Allah ne l'a pas rendu haram et parfois sans conviction qu'Allah l'a rendu haram et [quoi qu'il en soit] c'est est une défectuosité de la foi dans le Rouboubiya ou le Message. C'est du pur reniement sans fondement. Et parfois il sait qu'Allah l'a interdit, mais se refuse à son devoir d'interdire cela et s'entêter ainsi est une mécréance pire que la précédente" (Fin de citation).

Et on trouve beaucoup de paroles semblables chez le Shaykh. Il n'a pas restreint le takfir aux têtus avec pourtant l'assurance que la majorité de ces gens sont des ignorants qui ne savent pas que ce qu'ils ont dit ou fait est de la mécréance. Il ne les a donc pas excusés par l'ignorance dans de telles affaires, car il y a parmi elles de ce qui annule le Tawhid qui est la plus importante obligation. Et il y parmi elles ce qui comprend une contradiction du Message et un rejet des textes du Coran et de la Sunnah qui sont claires et qui font consensus chez les savants de la Sunnah.

Les Salafs et les Savants ont déclaré mécréants des gens pour des paroles qu'ils ont émises en sachant qu'ils n'étaient pas obstinés.

Et c'est pour cette raison que les Jurisconsultes (Fouqaha) ont dit: "Celui qui nie l'obligation d'un des cinq piliers ou qui nie la permission [de consommer] du pain et des choses similaires ou qui nie l'interdiction de [consommer] l'alcool et ses semblables ou qui doute sur cela, et pareille chose ne l'ignore même un mécréant, et s'il était ignorant sur une chose semblable on lui enseigne, et s'il persiste après qu'il en ait pris connaissance il a mécru et on le tue".

Et ils ne réduisirent pas ce verdict au têtu (mais également à celui qui ne comprend pas). Et ils ont rappelé sous le chapitre: "Hukm Al Mourtad" beaucoup de chose, comme paroles ou actions, qui rend apostat celui qui s'en rend coupable et ils ne limitèrent pas ce verdict aux entêtés.

Le Shaykh (Ibn Taymiyyah ) a également dit: "Lorsqu'un groupe parmi les compagnons et tabi'ines a rendu licite l'alcool tel que Qoudamah et ses proches et qu'ils ont cru qu'elle était autorisé à celui qui a cru et faisait de bonnes actions, tel qu'ils l'ont compris des versets d'Al Ma'idah suivants: Ce n'est pas un péché pour ceux qui ont la foi et font de bonnes œuvres en ce qu' ils ont consommé pourvu qu' ils soient pieux et qu'ils croient et qu'ils fassent de bonnes œuvres... [Sourate Al Ma'idah 5:93], les savants parmi les compagnons, tel que 'Omar, 'Ali, et d'autres encore , se sont mis d'accord qu'on leur demande de se repentir et que s'ils persistent dans leur avis que c'est licite ils ont mécru (donc on les tue) et que s'ils reconnaissent leur faute on les fouette. Ils ne les ont donc pas rendu mécréant dès le début à cause de leur ambiguïté jusqu'à ce qu'il leur soit éclairci la vérité et [c'est seulement] s'ils persistent alors ils ont mécru".

Il ( ) a également dit: "nous savons par nécessité [dans la religion] que le Messager ne légiférait pas pour sa communauté le fait d'invoquer quelqu'un de vivant ou de mort – ni prophètes ni autres – ni pour appeler à l'aide ni pour implorer le secours ni autre chose, tout comme il ne leur légiférait pas le fait de se prosterner pour un mort ni en direction d'un mort et pareillement à cela nous savons en plus qu'il a interdit tout cela et que ça fait partie du Shirk qu'Allah et Son Prophète ont prohibé. Mais à cause de la prédominance de l'ignorance et du peu de science des traces du Message chez beaucoup de contemporains, on ne peut par cela les traiter de mécréant jusqu'à ce que nous leur éclaircissions ce avec quoi est venue le Messager" (Fin de citation).

Regarde donc sa parole: "on ne peut les traiter de mécréant jusqu'à ce que nous leur éclaircissions ce avec quoi est venue le Messager" et note qu'il n'a pas dit "jusqu'à ce que nous leur éclaircissions et qu'apparaisse leur entêtement après la connaissance".

Et il dit également, après avoir tenue sa parole rappelant ce que font beaucoup de gens comme mécréance et chose expulsant de l'islam:

"Et cela a largement pris le dessus, notamment dans les périodes et les endroits où prédomine la jahiliyah, le kufr et le nifaaq. Et ces gens sont d’une incroyable ignorance et injustice et mensonge et mécréance et hypocrisie et égarement et ce que les mots ne suffisent pas à décrire.

Et si cela émanait de sujets ambigus alors on aurait dit qu'ils commettent des erreurs graves [et que] on ne leur a pas donné la preuve pouvant rendre mécréant son auteur.

Cependant, ce dans quoi sont tombé certains groupes parmi eux touche aux questions claires que reconnaissent aussi bien les élites que la masse des musulmans comme étant de la religion de l'islam, pire, les juifs, chrétiens et associateurs savent que Muhammad a été envoyé avec cela et a rendu mécréant ceux qui contredisaient ces choses, telles que les questions touchant à l'adoration d'Allah Seul sans Lui donner d'associés et l'interdiction d'adorer quelqu'un en dehors d'Allah parmi les anges et les prophètes ou autres et ceci sont le plus clair des fondements islamiques.

Et de même l'hostilité envers les juifs et chrétiens et associateurs, et pareillement l'interdiction des obscénités et de l'usure et de l'alcool et des jeux de hasard et des choses similaires. Puis tu trouves beaucoup de leur leader tomber dans ce genre de chose et devenir ainsi apostat, et s'ils n'étaient pas ainsi ils se seraient repentis de cela et seraient revenu…"

Jusqu'à

"Et il a été rapporté dans le même ordre que certains parmi eux écrivent en faveur de la religion des idolâtres et de l'abjuration de l'islam telle que Al Razi qui a confectionné son livre sur l'adoration des astres et il a présenté les arguments sur le "bien" de cette chose et son "utilité" et l'intérêt qu'il porte à cela et [nous disons que] ceci est une apostasie de l'islam à l'unanimité des musulmans, même s'il s'est certes repenti de cela et est revenu (par la suite) à l'islam." (Fin de citation).

Vois donc la différence entre les sujets ambigus et les questions claires. Il a dit concernant les sujets ambigus qui sont mécréances : "alors on aurait dit qu'ils commettent des erreurs graves [et que] on ne leur a pas donné la preuve pouvant rendre mécréant son auteur." et il ne spécifia pas cela pour les questions claires.

Sa parole a donc éclairci sur la différence entre les questions claires et confuses. Pour la mécréance dans les questions claires il a tranché sans conditions. Et parmi elles il y en a dans lesquels tombent les musulmans par ignorance, telle que le fait de rendre licite l'illicite ou faire des actions ou dire des paroles contenant du shirk après signalement.

Et il ne déclara pas mécréant un ignorant lors de questions confuses, telles que l'ignorance dans certains attributs [divins]. Il ne prit donc pas ce prétexte pour déclarer inconditionnellement la mécréance [de la personne] même s'il s'agissait d'un prédicateur, comme le montre sa parole aux Jahmiyah: "mais pour moi, en ce qui vous concerne, je ne jette pas sur vous l’anathème, car vous êtes des ignorants".

Et sa parole "pour moi" montre que son empêchement d'appliquer le takfir ne fait pas l'objet d'un consensus, mais que c'est son choix.

Et son avis sur cette question a fait l'objet d'une célèbre divergence chez les mazahèbs (différentes écoles juridiques).

Et l'école juste est que l'on traite de kafir le savant qui prêche l'avis que le Coran est créé ou qui renie l'apparition divine (le jour du jugement) ou qui rejette les trois premiers Califes (Al Rafidah) et ce qui va dans le même sens et que l'on traite de Fasiq [l'ignorant] qui le suit aveuglément.

L'illustre Ibn Taymiyyah a dit: "la vérité est que toute innovation par laquelle nous avons considéré mécréant (kafir) un prédicateur et bien nous considérons égaré (fasiq) celui qui le suit aveuglément, comme celui qui défend l'avis que le Coran est créé ou que la connaissance d'Allah est créé ou que Ses Noms (et Attribut) sont créés ou qu'Il ( ) ne connaît pas le futur ou qui insulte ignoblement les compagnons ou que la foi n'est pas matérialisé dans le cœur (i'tiqaad) et autres choses semblables. Quant à celui qui est au courant d'une de ces innovations et qui appelle à elle et qui l'imite, il est jugé pour sa mécréance. L'Imam Ahmad a indiqué ce fait dans nombres de sujets." (Fin de citation)

Vois comment ils les ont qualifiés de mécréants malgré leur ignorance. Et le Shaykh a choisi de s'abstenir de les qualifier de mécréant et pour lui ils ne sont que pervers.

Et nous avons dans le même ordre la parole d'Ibnul Qayyim où il dit: "Et les croyances se sont perverti, tel que la perversion des gens de l'innovation qui croient en Allah et au jour dernier et qui interdisent ce qu'Allah a rendu illicite et qui commande ce qu'Allah a ordonné, mais qui renie beaucoup de chose qu'Allah et son Prophète ont affirmée, par ignorance et mauvaise interprétation et par le fait de suivre aveuglément les shouyoukh et ils affirment ce que ni Allah ni Son Messager n'ont affirmé.

Et parmi ces gens, on compte les hérétiques Khawarijs ainsi que beaucoup de Rawafidh et Qadiriyah et Mu'tazilah et aussi beaucoup de Jahmiyah qui ne sont pas extrémistes dans leur voie.

Quant aux Jahmiyah extrémistes, de même que les Rawafidh extrémistes, ces deux groupes n'ont rien à voir avec l'islam. Et c'est pour cette raison qu'un groupe de salafs les ont exclus des 72 sectes en disant: "ils se sont écartés de la religion". (Fin de citation)

En somme, il incombe à celui qui est de bon conseil pour lui-même de ne pas parler de ce genre de questions qu'avec science et preuve venant d'Allah et qu'il prend garde d'expulser un homme de l'Islam en s'appuyant sur son opinion personnelle et ce que cautionne sa raison, car le fait de faire sortir un homme de l'Islam ou de l'y faire entré est la plus importante affaire de la religion, et nous avons suffisamment éclaircit cette question et d'autres, plutôt, son statut est en somme le plus claire verdict de la religion.

Et ce qu'il nous incombe est de suivre et d'arrêter d'inventer. Comme l'a dit Ibn Mass'oud : "suivez et n'innovez pas, cela sera suffisant". De même, quant à ce sur quoi les savants se sont querellés et touchant au thème du kufr, la prudence dans la religion est de s'arrêter et de ne pas se prononcer sur une question dont on n’a pas de texte clair provenant du Prophète infaillible .

Et le diable a fait glisser la majorité des gens par cette question, et il a égaré un groupe qui a considéré de l'Islam celui dont les textes du Coran, de la Sunnah et du Ijma' (consensus des musulmans) indiquent sa mécréance. Et il s'est attaqué à d'autres qui ont considéré mécréant celui que le Coran et la Sunnah considèrent par consensus qu'il est musulman.

Et ce qui est étrange est que si l'un d'entre eux est questionné sur la purification ou la vente, il ne donne pas de verdict à partir de son opinion personnelle et de ce qui conforte sa raison. Plutôt il recherche la parole des savants et il répond en fonction de ce qu'ils ont dit. Comment alors s'autorise-t-il dans une affaire si importante, plutôt l'affaire la plus cruciale de la religion et la plus dangereuse, à faire-part de son opinion personnelle et ce qu'il approuve ?

Quel désastre de l'islam que sont ces deux groupes, et son origine n'est autre que ces deux problèmes.

Nous te demandons, O Allah, de nous guider dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.

La louange appartient à Allah Le Seigneur des mondes,

Et que La Paix et Le Salut d'Allah soient sur le Prophète, sa famille et ses compagnons.

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